Pour changer le monde, touchez les enfants !
(Historique des écoles du dimanche de nos églises)
L’école du dimanche de nos églises fut fondée en Angleterre au XVIIIème siècle par un laïc, Robert Raikes. Né en 1736, il fit un apprentissage d’imprimeur chez son père et prit sa succession en tant que directeur du journal de Gloucester.
Comme beaucoup de ses contemporains, il se sentait profondément concerné par le besoin de réforme dans le milieu carcéral, et il utilisait son journal pour communiquer au public les conditions terribles existant à l’intérieur des prisons où il était visiteur. Déçu par des réformes inefficaces, Raikes fut de plus en plus convaincu qu’il valait mieux prévenir le vice que le guérir. En visitant les quartiers pauvres de la ville, il fut alarmé de voir l’état de corruption des enfants.

Plus aucun repère
Entre 1702 et 1801, la population anglaise doubla et de plus en plus de gens s’installaient dans les villes pour trouver du travail dans les usines. Les liens traditionnels et religieux de la vie de village étaient sérieusement menacés. Très souvent, dans les Eglises des cités industrielles, il n’y avait pas de place pour les immigrants de la campagne et une ou deux générations d’enfants grandit sans aucune ligne de conduite religieuse ou morale.
Un jour, Raikes remarqua un groupe d’enfants traînant dans la rue. Une femme lui dit que c’était encore pire le dimanche, car la rue était alors pleine d’enfants passant leur temps à jurer et à se battre. La plupart d’entre eux étaient employés dans l’industrie textile et travaillaient de longues heures six jours par semaine.
Raikes se rendit compte que les prisons étaient pleines de gens dont l’enfance avait été ravagée par ces conditions de travail et que les parents, eux aussi livrés à eux-mêmes, n’avaient pas l’idée d’inculquer à leurs enfants des principes qui leur étaient totalement étrangers. Il fallait donc trouver d’autres moyens pour enseigner ces jeunes, faute de quoi beaucoup finiraient en prison. Il se mit d’accord avec le révérend Stock, de la paroisse d’Ashbury, pour ouvrir une école qui fonctionnerait pendant le seul jour disponible de la semaine, le dimanche, en utilisant la seule main d’œuvre possible, les laïcs. Le programme serait la Parole de Dieu, et le but serait d’atteindre les enfants des rues, et non ceux des membres de l’Eglise.
Des effets sur la société toute entière
Le caractère de beaucoup d’enfants fut transformé par leur fréquentation de l’école du dimanche. Jurons, malhonnêteté et bagarres furent remplacés par le sens du devoir et le désir de se nourrir l’esprit. Le taux de criminalité chuta radicalement dans la ville et le comté après l’établissement de telles écoles. En 1792, aucun accusé criminel ne fut présenté devant le juge. 10 ans plus tôt, il y en aurait eu entre dix et cent ! Un magistrat passa une motion de la reconnaissance envers l’école du dimanche pour la moralité de la jeunesse. Le patron d’une filature qui employait beaucoup d’enfants, déclara que « Le changement n’aurait pas pu être plus extraordinaire s’il était passé de l’état de loup et de tigre à l’état humain ! »
En l’espace de deux ans, plusieurs écoles du dimanche virent le jour à Gloucester et autour, puis elles se répandirent à travers tout le pays. Pour Raikes, le fait de servir le Seigneur en servant les enfants pauvres devait avoir des effets importants sur la société toute entière : « Si la gloire du Seigneur, disait-il, doit être démontrée, même de manière très petite, la société doit en récolter certains bénéfices. Si la bonne semence est semée pendant les premières années de la vie d’une personne, même si elle ne germent pas pendant plusieurs années, il plaira à Dieu, dans les temps futurs, de la faire rejaillir et d’apporter une abondante moisson ».
Ce fut donc Robert Raikes qui donna leur véritable essor aux Ecoles du dimanche et mobilisa le public pour les soutenir.
En 1785, une société des Ecoles du dimanche fut créée à Londres pour distribuer des Bibles et des alphabets. Etant éditeur de métier, Raikes publia, importa et distribua les premiers livres, alphabets, catéchismes et portions des Ecritures.
Une tâche importante pour l’église
En 1788, John Wesley écrivit à un ami : « Je pense sincèrement que ces écoles du dimanche sont l’une des démonstrations de charité les plus nobles ayant existé en Angleterre depuis Guillaume le Conquérant ». Raikes lui-même donna toute la gloire à Dieu pour l’œuvre accomplie : « Il a plu à la providence de faire de moi un instrument pour mettre en place l’école du dimanche et introduire les règlements dans la prison. Pas à nous, Seigneur, mais à toi seul soit toute la gloire ! ».
Robert Raikes mourut en 1811 d’une crise cardiaque. Cette année là, près de cinq cent mille enfants bénéficiaient de cette institution. Vingt ans plus tard, les Ecoles du dimanche de Grande Bretagne touchaient chaque semaine 1,25 million d’enfants.
Raikes commenta un jour : « Le monde avance par les pieds des petits enfants ». Il reste aujourd’hui, et désespérément, une tâche éducative importante pour l’Eglise auprès des enfants.
Pour changer le monde, touchez les enfants !
D’après Christian History Institute