HISTOIRES VECUES ETONNANTES

L’histoire émouvante de deux petites sœurs siamoise

Le 16 septembre 2004 à 1h20 de la nuit, la petite Tabéa mourut. Elle avait vécu treize mois et sept jours. Les parents étaient infiniment tristes. Beaucoup de personnes en Allemagne et dans le monde entier ont partagé leur affliction, lorsqu’elles apprirent le sort de Léa et Tabéa.


Les petites sœurs Tabéa et Léa

Le 30 septembre, la petite Tabéa fut enterrée à Lemgo en Westphalie, après une émouvante cérémonie d’adieux donnée dans l’église mennonite. Léa, sa sœur, se trouvait encore à ce moment-là en réanimation à l’hôpital John Hopkins, à Baltimore. Les médecins traitants avaient toutefois autorisé Nelly et Pierre, leurs parents, à prendre l’avion pour se rendre à l’enterrement de leur fille Tabéa, à Lemgo. Après avoir ainsi passé deux jours en Allemagne, ils retournèrent aux USA, pour être aussi souvent que possible auprès de leur fille, Léa.

Le 7 décembre 2004 au matin, vers 7h00, Léa revint à Francfort avec ses parents, par un avion de la Lufthansa en provenance de Washington. Les photos de la petite fille avec le bandage blanc autour de sa tête, reposant dans les bras de sa mère, firent à nouveau le tour du monde. La participation des gens au sort de Léa et Tabéa, les sœurs siamoises d’Allemagne, fut énorme. « Dieu nous a imposé un fardeau, mais il nous aide aussi. Nous sommes sur un chemin dont nous ne connaissons pas le but, ont déclaré les parents de ces 2 petites filles ».

Suite à cette déclaration, Nelly, la mère, est citée dans de nombreux journaux allemands, avant même l’opération de ses enfants. C’est ainsi que, pleins d’assurance et d’espoir, elle et son mari Pierre, ont pris, avec leurs 2 enfants, le dimanche de Pâques 2004, un avion de la Lufthansa, pour se rendre à Baltimore, aux USA. Le Dr Benjamin Carson, de l’hôpital Johns Hopkins, neurochirurgien de réputation mondiale, s’était déclaré d’accord pour risquer la séparation des sœurs siamoises par intervention chirurgicale.

Très inquiète, mais aussi pleine d’espoir, la petite famille traversa l’Atlantique en avion, accompagnée par deux journalistes du magazine allemand Stern, une équipe de la télévision et un pédiatre de Bielefeld (Allemagne). « Pour moi, le plus beau moment serait celui où le docteur Benjamin Carson viendrait vers nous en disant : tout s’est bien passé, la séparation est réussie », avait dit Pierre, le père, quelques semaines avant l’intervention. Mais il ajouta à cela : « Quelle que soit la manière dont Dieu répond à nos prières, nous devons apprendre à faire face à la situation ». Tabéa est morte. Léa vit. Telle que la situation actuelle se présente, cette dernière restera probablement aveugle, mais les parents n’ont pas perdu leur confiance en Dieu. Ils se savent à l’abri dans Sa forte main. C’est seulement ainsi qu’on peut explique peut expliquer la force extraordinaire avec laquelle ils ont surmonté les grands problèmes des mois écoulés.

Tout a commencé au début de l’été 2003. Dès les premiers examens médicaux, la probabilité que Nelly n’attendait pas des jumelles normales, mais des jumelles jointes par la tête fut annoncée. Des examens à la clinique universitaire de Munster en apportèrent la certitude. Pas seulement les médecins de la clinique, mais aussi d’autres personnes, conseillèrent aux parents de ne pas laisser ces enfants venir au monde. Des précisions médicales allaient à tout moment leur être communiquées. Pour Nelly et Pierre, une chose restait cependant claire : l’avortement est un meurtre. Ils ont choisi de garder ces enfants, quel que soit le fardeau qui en résulterait pour eux.

Léa et Tabéa étaient deux bébés rayonnants et mignons. Nelly et Pierre s’occupèrent d’eux avec amour et consécration. Mais bientôt, ils se rendirent compte que les enfants ne pouvaient continuer à vivre ainsi à la longue. Ceux-ci ne pourraient jamais se tenir debout ou marcher. A 8 mois, ils mesuraient déjà 135 cm. Il devint de plus en plus difficile de s’occuper d’eux et de les soigner ; des problèmes énormes étaient prévisibles. Déjà à la clinique universitaire de Munster, les parents avaient entendu parler du Dr Benjamin Carson des U.S.A. Il est l’un des rares médecins dans le monde à avoir de l’expérience dans la séparation de jumeaux siamois. Carson, un chrétien engagé, les impressionna par l’histoire de sa vie. Ensemble, ils lurent son livre «Des mains comblées des grâces du ciel ». Pour eux, il n’y avait plus de doute : Il nous faut tenter l’opération à Baltimore, chez le Dr Carson et son équipe.

Le Dr Carson ayant reçu par e-mail les premiers rapports médicaux provenant de la clinique d’Allemagne, donna son accord de principe pour l’opération. Mais beaucoup, beaucoup de questions restaient encore en suspens : Qui supportera les frais énormes de l’intervention, du transport et du séjour en Amérique ? Comment continuer à laisser grandir les enfants à l’abri des regards, sans être assailli par les photographes et les reporters de la presse à sensation ? Il se présenta une solution, qui fut, certes, critiquée par certains ; mais dans ce cas précis, c’était la seule envisageable. Le magazine hambourgeois Stern et la Télé de Cologne, passèrent un contrat exclusif avec les parents. Ces deux médias seraient les seules à avoir le droit de communiquer des informations sur le sujet ; ils acceptèrent de faire des appels d’argent et de motiver d’éventuels donateurs. Dans la semaine de Pâques 2004, le premier rapport parut dans le magazine Stern. Une semaine plus tard, les parents, avec les enfants, étaient invités sur le plateau de la Télévision. Des photos parurent également dans des journaux et magazines étrangers. La participation fut énorme. Beaucoup de dons arrivèrent sur le compte correspondant. Des politiciens allemands promirent également de l’aide. Volkswagen-Véhicules Utilitaires, mit un de leurs véhicules spécialisés à la disposition, pour le transport des enfants et des parents. La compagnie aérienne Lufthansa aida d’une façon formidable lors du vol à destination des USA. Les reportages pleins de compréhension du journaliste de la Télévision et sa manière de se comporter envers les parents et leurs enfants, déclenchèrent une grande vague de sympathie. Leur grande confiance en Dieu suscita de l’estime, particulièrement quant à leur décision de laisser ces enfants venir au monde. Dans l’éditorial du journal Stern, le rédacteur en chef écrivait : « Naturellement le mot avortement semblait s’imposer suite au rapport médical. Beaucoup de personnes dans une telle situation n’auraient pas hésité une seconde. Mais celui qui lit notre histoire comprendra pourquoi Nelly et Pierre en ont décidé autrement ».

La Caisse Maladie de Nelly et Pierre a financé les frais d’hôpital à Baltimore. 200.000 Euros du compte des donateurs ont été versés aux parents, de sorte qu’ils ont pu se rendre en Amérique et y séjourner sans avoir de soucis financiers. Des offres de secours leur parvinrent de nombreux côtés, si bien qu’ils ne purent même pas toutes les accepter.

Nelly et Pierre, Léa et Tabéa, sont devenus des personnalités célèbres. Ils ont parfois souffert de ce que les caméras les aient aussi accompagnés en des moments de grande solitude, et à certains instants ils auraient préféré rester seuls. Ils savaient toutefois que c’était le prix à payer pour que leurs enfants soient aidés. Nelly et Pierre ne se sont pas laissés déconcerter par l’opinion public et ses remous inévitables. Ils sont restés fidèles à leurs convictions religieuses.

Aujourd’hui, le couple et leur fille vivent de nouveau à Lemgo en Allemagne. Pierre exerce sa profession et tous deux entourent avec beaucoup d’amour la petite Léa, dont le rétablissement progresse lentement. Peu avant Noël eut lieu sur RTL une émission « Personnes de l’année », à laquelle Nelly et Pierre étaient aussi invités. Ils révélèrent au cours de l’entretien ce que personne ne savait jusqu’alors : Nelly est à nouveau enceinte. Du point de vue médical, la grossesse se déroule sans problème et, Dieu voulant, Léa aura, dans peu de temps, un petit frère ou une petite sœur.

Extrait d’un magazine allemand
(par Dorothée Hatzakortzian)

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