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SEDUCTIONS ET HERESIES DE LA FIN DES TEMPS

Introduction:
Chaque mois, nous vous proposons un message d'édification et d'exhortation qui a pour but d’aider les chrétiens actuels à avoir plus de discernement spirituel face aux hérésies qui se multiplient si rapidement et subtilement dans les églises actuelles. Ce message répondra certainement à de nombreuses questions que vous vous posez sur tel ou tel sujet controversé d’aujourd’hui.

Le pouvoir de l’argent

L’attitude d’un chrétien quant aux richesses est un baromètre de sa vie spirituelle. Elle révèle l’état de son cœur, et peut mettre en lumière un problème majeur dans sa vie. Un croyant ayant appris à se conformer à l’enseignement des Ecritures manifestera une vie spirituelle saine.
Quand un chrétien adopte la bonne attitude par rapport à l’argent, cela touchera positivement tous les autres domaines de sa vie. La Bible nous enseigne à aimer Dieu le donateur par-dessus tout, mais elle nous met en garde de ne pas manifester le même attachement aux dons qu’il nous offre.
L’amour de l’argent peut exercer un pouvoir dévastateur dans la vie d’un chrétien. Pour nous en convaincre, lisons attentivement ce que dit la Parole de Dieu par l’apôtre Paul : « Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments » (1 Ti 6:10).

     

1. L’amour de l’argent peut prendre la place de Dieu dans notre cœur

Jésus ne nous dit pas qu’il faille nous soustraire au monde matériel. Il nous appelle plutôt à prendre les bonnes décisions à l’égard de l’argent afin de nous permettre de vivre en personnes « libres » dans ce monde. Dans le cas contraire, nous deviendrons vite les « esclaves » de Mammon (l’argent), lequel tôt ou tard se transformera en un maître perfide, intraitable et destructeur, si nous nous confions en lui. Le dieu appelé argent est puissant, violent et rusé. Beaucoup de personnes sont prêtes à faire n’importe quoi pour en obtenir. Elles sont prêtes à voler, mentir, tricher, trahir, haïr, détruire et même à tuer.
Notre comportement face à l’argent est souvent la pierre de touche de notre intégrité. L’argent a le pouvoir de prendre la place de Dieu dans notre cœur. Il peut devenir notre maître si nous ne sommes pas très vigilants, c’est la raison pour laquelle Jésus a déclaré sans aucune équivoque : « Vous ne pouvez servir en même temps Dieu et Mammon (le dieu de l’argent) » (Lu 16:13). L’antagonisme est total entre eux. Il n’existe aucune compromission possible. Néanmoins, des multitudes de chrétiens séduits par la doctrine de « l’évangile de prospérité » sont dans l’illusion, pensant pouvoir faire cohabiter sans problème les deux maîtres.
« L’évangile de prospérité », comme nous le verrons en détail dans d’autres chapitres, véhicule précisément cette hérésie en tordant les textes bibliques ou en les sortant de leur contexte.

2. L’amour de l’argent disqualifie un chrétien pour le ministère

Il est très important de remarquer le contexte des paroles de Jésus dans Luc 16:13 mentionnées ci-dessus. Celles-ci s’adressaient d’abord aux pharisiens. Pourquoi ? Parce qu’au verset suivant il est écrit que « les pharisiens qui étaient avares (grec, aimaient beaucoup l’argent) écoutaient tout cela, et ils se moquaient de lui » (Lu 16:14).
L’amour de l’argent des pharisiens rendait impossible leur service pour Dieu et les disqualifiait pour tout ministère (1 Ti 3:3 ; 1 Pi 5:2)). En fait, ils ne servaient pas Dieu mais Mammon, et enseignaient qu’une dévotion envers l’argent (Mammon) et le culte rendu à Dieu étaient parfaitement compatibles.
En effet, les pharisiens considéraient la richesse comme une bénédiction de Dieu en récompense de leur observance de la loi, et la pauvreté comme une désapprobation divine (Pr 10:15).
Toutefois, connaissant la loi comme ils le prétendaient, ils devaient savoir que Moïse et Salomon, entre autres, mettaient en garde contre la vanité, les pièges et la séduction de l’amour de l’argent (De 8:17 ; Ec 1:2 ; 5:10-12 ; Pr 11:28 ; 22:1 ; 23:4,5).
« Ils disent et ne font pas » (Mt 23:3), tel était le diagnostic de Jésus à l’égard des pharisiens. Ils connaissaient la loi, mais n’observaient que ce qui les arrangeaient en prenant seulement des textes qui justifiaient leur doctrine. Ils ignoraient ceux qui les dérangeaient ou les remettaient en question. Ils cherchaient dans la loi les textes conformes à leurs idées, au lieu de les comparer avec l’ensemble des Ecritures (Mc 7:1-13). De nombreux pasteurs et églises font hélas ! de même aujourd’hui, en particulier les prédicateurs de « l’évangile de prospérité ».
De plus, selon la conception des pharisiens, la pauvreté de Jésus (et celle de ses disciples) témoignait contre lui qu’il était bien rejeté par Dieu. C’est pourquoi ils le tournaient en ridicule, son enseignement à ce sujet, provoquant en eux un mépris et rejet total de sa personne.
Les pharisiens pensaient que c’était trop facile pour quelqu’un comme Jésus qui ne possédait rien, de ridiculiser les riches. Mais Jésus, qui connaissait leur cœur, s’attaqua directement au problème fondamental des pharisiens hypocrites. Il s’agissait du péché de convoitise qu’ils couvraient soigneusement en cherchant à paraître justes devant les hommes (Lu 16:15).

3. L’amour de l’argent peut corrompre un serviteur de Dieu

Nous trouvons un autre exemple de cupidité, dans l’Ancien Testament, que Dieu donne en signe d’avertissement à ses serviteurs et dont les conséquences cette fois ont été tragiques. Il s’agit des fils du sacrificateur Eli dans 1 Samuel chapitre 2.
Nous découvrons que là où existe un esprit d’hypocrisie se trouve également un esprit de convoitise. Eli était souverain sacrificateur en Israël et ses deux fils Hophni et Phinées étaient des serviteurs de Dieu corrompus. Ils profitaient de leur position pour amasser des gains illicites et se livrer à l’immoralité sexuelle (1 Sa 2:13-17, 22-25). Bien que déplorant les mauvaises actions de ses fils, Eli n’a pas osé les destituer de leur fonction de serviteurs de l’Eternel (No 15:30,31). La nonchalance dont il a fait preuve a été considérée comme un mépris de Dieu, de sa nature sainte et de ses exigences morales envers le ministère (1 Sa 2:30).
« Ces jeunes gens se rendaient coupables devant l’Eternel d’un très grand péché, parce qu’ils méprisaient les offrandes de l’Eternel » (1 Sa 2:17). Ils trafiquaient avec ce qui appartenait à l’Eternel et étaient essentiellement motivés par la convoitise dans leur ministère. Non contents des portions du sacrifice qui leur étaient destinées (De 18:3), les fils d’Eli s’attribuaient par la force des portions qui leur étaient interdites (1 Sa 2:14-17).
Finalement, Hophni et Phinées moururent à cause de leur désobéissance et de leur rébellion (1 Sa 4:10,11). Ce récit nous montre que Dieu jugera ceux qui tolèrent la présence de conducteurs spirituels cupides et immoraux. Il fera venir sur eux le désastre et ôtera sa gloire du milieu d’eux.
Toute la Bible montre à quel point il est essentiel pour ceux qui dirigent le peuple de Dieu de marcher dans la sainteté et de craindre véritablement l’Eternel (1 Ti 3:1-10). Eli et ses descendants ont été destitués de leur service spirituel pour toujours. Leur convoitise et leur immoralité les ont empêchés d’être des conducteurs et modèles spirituels pour Israël. (1 Sa 2:30-34 ; 3:14).

4. L’amour de l’argent peut transformer une église en une « maison de trafic »

Dans le Nouveau Testament, les pharisiens avaient le même esprit de convoitise. Ils profitaient de leur position religieuse pour se remplir les poches. Il est frappant de constater que dans les quatre Evangiles, nous trouvons le récit de la purification du temple où Jésus est entré pour y chasser ceux qui vendaient et achetaient (Mt 21:12,13 ; Mc 11:15-19 ; Lu 19:45-48 ; Jn 2:13-17).
Cet événement contient donc une profonde leçon spirituelle et doit nous interpeller personnellement. Cette situation très particulière et paradoxale dans le temple même était insupportable aux yeux de Jésus et méritait une action radicale. Ne l’oublions pas, la purification du temple a constitué le premier grand acte public du ministère de Jésus (Jn 2:15). Vers la fin de son ministère, il entra une seconde fois dans le temple pour l’assainir à nouveau en renversant les tables des changeurs (Mt 21:12,13). Il y eut donc deux purifications. La première avait pris les gens par surprise. La seconde, 3 ans plus tard, fut l’une des causes premières de sa mort (Mc 11:15-18).
Pour quelle raison précise Jésus a-t-il accusé les pharisiens de faire de la maison de son Père une maison de trafic ? Il est important de le savoir, car c’est ainsi que nous comprendrons beaucoup mieux la grande sévérité de Jésus en cette circonstance particulière. Un peu d’histoire biblique du temps de Jésus nous sera d’une grande aide.
Pendant la célébration de la Pâque, les fidèles venaient à Jérusalem de toutes les parties de l’empire romain et d’Israël. Comme la plupart avait de longues distances à parcourir, il leur était difficile d’emmener avec eux les animaux à sacrifier. Des marchands opportunistes virent là une façon de gagner facilement beaucoup d’argent.
Ils s’étaient installés dans les parvis extérieurs du temple pour offrir leur service aux pèlerins en quête d’animaux. Quant aux changeurs, ils étaient utiles à cause de l’impôt payé chaque année par tout juif consciencieux âgé de 20 ans et plus (Ex 30:13,14 ; Mt 17:24-27), et dont on devait s’acquitter en monnaie juive.
Les étrangers devaient donc échanger leur monnaie pour payer l’impôt dans la monnaie en cours. Les changeurs se servaient largement au passage en profitant souvent de l’ignorance des pèlerins pour convertir leur argent à des taux abusifs.
Il y avait tellement de voyageurs, et la célébration durait si peu de temps chaque année, que les vendeurs d’animaux et les changeurs de monnaie profitaient outrageusement de la situation, au point que le Temple était devenu une « caverne de voleurs » ou une « maison de trafic ».

5. L’amour de l’argent peut nous conduire à adorer les biens matériels plutôt que Dieu

La principale leçon de ce récit est la suivante. La religion était devenue une affaire sordide et purement matérielle. Le système des pharisiens était conçu pour satisfaire la convoitise. Il n’y a pas d’odeur plus nauséabonde aux narines de Dieu que l’hypocrisie et la cupidité. Partout où nous trouvons l’hypocrisie religieuse, nous aurons inévitablement et toujours un problème de convoitise et d’avarice. Jésus ne pouvait rester muet face à cette grave déviation dans la pratique de la foi.
Cela veut dire que tous ceux qui se disent chrétiens doivent prendre conscience que l’hypocrisie, la convoitise, la cupidité, les intérêts personnels, l’immoralité et l’irrespect manifestés dans la maison de Dieu provoqueront irrémédiablement le jugement et la juste indignation de Dieu. Christ exige que son Eglise soit une « maison de prière », et non un centre de trafic, car il en est le maître.
L’apôtre Paul, rempli du Saint-Esprit, a pour tous les chrétiens un message précis. Il déclare : « Faites donc mourir ce qui dans vos membres est terrestre, la débauche, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité qui est une idolâtrie » (Col 3:5).
La cupidité (grec, pleonexia) est l’adoration des choses au lieu de Dieu. Une toute petite pièce de monnaie est insignifiante, cependant, si vous la placez devant l’œil, elle vous cachera l’immensité du soleil. Lorsqu’un chrétien possède cette cupidité dans son cœur, il perd de vue Dieu et se fourvoie dans des désirs égocentriques, pervers et maladifs pour acquérir toujours plus de richesses.
C’est pour cette raison que la cupidité est considérée comme une idolâtrie ; car elle implique une apparente soumission à Dieu et à sa Parole, mais en réalité l’idolâtrie ne plis le genou que devant ses idoles. Pour éviter de tomber dans ce piège de l’idolâtrie, il est nécessaire d’entretenir avec Dieu et sa Parole, telle qu’elle est révélée dans la Bible, une relation absolument prioritaire sur toute autre chose (Ro 1:22,23 ; Ep 5:5).

6. L’amour de l’argent peut nous induire à tordre les Ecritures

Ceux qui enseignent « l’évangile de prospérité » tordent le sens de nombreux textes des Ecritures en relation avec la prospérité financière du chrétien, dont quatre en particulier qu’ils utilisent à outrance, et à tort :
a) « Donnez et il vous sera donné » (Lu 6:35-38). Ce verset n’a rien à voir avec le fait que plus vous donnez de l’argent, plus vous serez bénis. Son contexte nous en donne, de suite, la bonne interprétation. Ce passage de Jésus est en relation avec la miséricorde et le pardon que nous avons reçus nous-mêmes et que nous ne devons pas négliger d’apporter aux autres. Si nous traitons notre prochain généreusement, avec bonté et compassion, nous en serons pleinement récompensés.
b) « Bien-aimé, je souhaite que tu prospères à tous égards et sois en bonne santé, comme prospère l’état de ton âme » (3 Jn 2). Ils tordent le sens du verbe « prospérer » en une promesse financière. Mais lorsque nous examinons de plus près le mot grec « prospérer », nous découvrons qu’il veut tout simplement dire « faire un bon voyage ». Il n’est donc pas question d’argent.
Ce verset n’est pas une promesse financière divine, mais une simple et courante salutation de l’époque qui signifiait : « Bien-aimé, je te souhaite une bonne journée et que ta santé physique soit aussi bonne que ta santé spirituelle. »
c) « Je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance » (Jn 10:10). Ce texte n’a absolument rien à voir avec une abondance financière. La « vie » (grec, zoé) abondante dont parle Jésus correspond à la vie divine, la vie éternelle. Le mot « abondante » (grec, perrison) signifie « surabondant ». L’abondance matérielle ne se trouve donc pas dans ces deux mots. Une telle pensée est étrangère au contexte des paroles de Jésus.
La vie abondante dont il question ici, veut dire que les croyants en recevant le don de la vie éternelle, reçoivent la vie même de Dieu. Ils jouiront pleinement de cette vie spirituelle céleste jusqu’à en déborder même sur les autres.
d) « Je peux tout par Christ qui me fortifie » (Ph 4:13). Ce verset, également très souvent pris hors de son contexte, est défiguré et déformé pour lui faire dire que nous pouvons vivre une vie de prospérité et d’abondance, quelles que soient les circonstances. Mais cela n’est que le résultat d’une lecture rapide et superficielle des Ecritures.
En tenant compte des précédents versets 11 et 12, nous comprenons beaucoup mieux ce que l’apôtre voulait dire. Le « tout » se rattache à toutes les situations de la vie. C’est une déclaration de contentement en toutes circonstances que Paul connaît dans son union avec Christ. L’accent est donc placé sur le fait qu’il permettait à la puissance de Christ de le soutenir dans les temps de disette et d’humiliation, comme dans les périodes d’abondance.
Certains de ces prédicateurs de la fausse prospérité savent vivrent dans l’abondance, mais non dans la disette. Paul, lui, avait appris à vivre dans les deux conditions, et a prouvé ainsi que son apostolat était authentique. En Christ, il avait la force de tout supporter, aussi bien les difficultés matérielles que la prospérité. En effet, ce n’est que grâce à la puissance de Christ manifestée en nous et par nous que nous réussirons à vivre au-delà des circonstances fluctuantes de la vie.
Combien devons-nous veiller à ne pas prendre un texte hors de son contexte, car c’est ainsi que nous pouvons faire dire à la Bible tout et son contraire et ouvrons la porte à toutes sortes d’hérésies.
Par exemple, nous pouvons « prouver » que Jésus-Christ n’est pas Dieu en prenant le passage, « le Père est plus grand que moi » (Jn 14:28), ou « Jésus-Christ homme » (1 Ti 2:5). Nous pouvons également « prouver » que le salut est par les œuvres et non par la foi seulement, en nous servant du passage : « Vous voyez que l’homme est justifié par les œuvres et non par la foi seulement » (Ja 2:24). Nous pouvons aussi « prouver » que l’homme est littéralement un dieu, par le verset : « J’ai dit : Vous êtes des dieux » (Jn 10:34), etc.
Si nous utilisons cette même fausse méthode de textes pris hors de leur contexte, il nous est alors très facile de « prouver » que la Bible enseigne la doctrine de « l’évangile de prospérité ».
C’est pourquoi, lorsque nous examinons attentivement cette doctrine, il est important de la comparer à l’ensemble de l’enseignement de Jésus et de ses apôtres (notre seul fondement en matière de foi et de pratique). Il ne s’agit pas de s’adapter aux « nouvelles révélations et expériences » de tels ou tels prédicateurs qui, se nommant apôtres ou prophètes cherchent, par les titres qu’ils se sont attribués, à impressionner les chrétiens et à leur imposer leurs messages hérétiques (Ep 2:20 ; 2 Ti 4:1-5).

(Extrait de la brochure N° 7 de la collection "L'amour de la vérité", "L'évangile de prospérité" de Samuel et Dorothée Hatzakortzian disponible dans le catalogue du site)

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